Salisbury Plain, 1914 (Photo: Library and Archives Canada)

George Dawson Tyson est né en Angleterre le 4 juillet 1889. Dans sa jeunesse, il émigra au Canada avec son père et ils s’établirent à Victoria en Colombie-Britannique. Par 1914, George avait grandi avec une passion pour la nature et travaillait comme arpenteur. Pourtant, lorsque la Grande-Bretagne déclara la guerre à l’Allemagne dans l’été de cette même année, la trajectoire de sa vie changerait pour toujours. Comme les milliers d’autres jeunes hommes canadiens, George se porta rapidement volontaire pour servir dans la force expéditionnaire du Canada. 

Le premier contingent de troupes parti pour la Grande-Bretagne en Octobre de l’année 1914 et passa un hiver britannique froid et humide à s’entraîner à Salisbury Plain dans le sud de l’Angleterre. Toutefois, bien qu’il y avait déjà ce premier groupe qui partait outremer, le Canada planifiait de former plus d’unités pour appuyer cette force initiale. 

C’est dans cette nouvelle force que George enrôla le 9 novembre 1914. Après un entraînement initial au Canada, l’unité de George, le 30e Bataillon d’infanterie, pris la mer pour l’Angleterre, arrivant à la fin février 1915. Le bataillon devait originalement se joindre à la nouvelle division canadienne d’infanterie mais les événements basculants de la guerre ont vite changé ces plans.

Le 22 avril 1915, les Allemands lancèrent une attaque contre la saillie d’Ypres au sud-ouest de la Belgique. Le première division canadienne venait tout juste d’être placée à ce secteur et n’avait pas encore vu d’action significative. Mais ce 22 avril fut le premier jour de bataille intense et sanglante dans plus d’un mois, en plus d’être le premier combat à voir l’utilisation à grande échelle du gaz toxique comme arme de guerre. Ultimement, la saillie d’Ypres fut défendue avec succès et les Canadiens établirent leur réputation de troupes de première classe. Ils furent largement accrédités pour avoir gagné la bataille lorsqu’ils se lancèrent dans la brèche du front créée lorsque les troupes françaises s’étaient effondrées durant l’attaque initiale de gaz toxique. Malheureusement, la victoire et la gloire de la bataille avaient coûtées chères. Le taux de victimes était extrêmement élevé avec des bataillons perdant plus de la moitié de leur force. 

 Cette grande perte dans la division la forçait à quémander des forces remplaçantes et c’est ainsi que George, toujours en Angleterre, fut transféré du 30e bataillon au 7e bataillon. Le 4 mai, il arriva à sa nouvelle unité avec plus de 200 officiers et hommes venus du 30e bataillon. George participa dans divers actes de la première division durant l’été de cette année, des actes qui inclus la deuxième bataille d’Ypres, la bataille de Festubert et la bataille de Givenchy. Tout au long des combats, George établi sa propre réputation en tant que soldat courageux et intelligent, même s’il était encore un simple soldat de deuxième classe, le plus bas rang de l’armée. 

George Dawson Tyson (Photo: Tyson’s Family Collection)

Dans la tradition familiale des Tyson, il y a une vieille histoire qui suggère que le grand-père à George aurait arrangé l’achat d’une commission pour George dans l’armée britannique. La famille accrédite cet acte pour la survie de George puisqu’il y était supposé que le plus haut rang l’aurait sorti de peine et misère durant la guerre. Cependant, la réalité est bien différente. En fait, l’achat de commission avait été banni à la fin du 19ième siècle durant les plusieurs réformes pour professionnaliser le service militaire britannique. De plus, le statut plus élevé d’officier ne l’aurait pas sorti du champ de bataille; plutôt, l’officier était attendu de mener les troupes, et ce, de façon exemplaire. Ceci voudrait dire que le statut d’officier aurait été un bouleau assez dangereux merci. 

George a bel et bien reçu une commission de l’armée britannique, mais il ne l’a pas reçu grâce à un achat. Lorsque George émigra au Canada, il avait encore de la famille en Angleterre. Son frère était une de ces personnes et, lorsque la guerre déclencha, il joint l’unité locale de l’armée, le régiment royal de Liverpool. Les Tyson était une famille professionnelle d’une classe assez élevée, le frère à George avait donc été accepté dans son unité en tant qu’officier. Par l’été de 1915, George et son frère étaient tous deux présents à la guerre, servant sous différents régiments dans différentes armées, mais pour le même roi et sous le même drapeau. Il fut assez évidant que les deux frères espéraient battre ensemble lorsque le frère à George écrit à son commandant, demandant le transfert de son frère au régiment royal de Liverpool. Les commandants britanniques et canadiens ont compris la demande de la même façon, et c’est en septembre de 1915, que George est transféré à l’armée britannique pour servir le reste de la période de la guerre. 

Canadian Machine Gun Squad, 1915 (Photo: Library and Archives Canada)

En lisant son record de guerre, il est impossible d’échapper l’ironie que son statut d’officier l’aurait sorti du danger. Durant les deux années qui suivirent, George participa dans plusieurs batailles, incluant la fameuse bataille de la Sommes, la bataille d’Arras (ce qui inclut l’attaque canadienne de Vimy), la bataille de Messines et la bataille de Passchendaele. À Arras et à Passchendaele, George combattu aux côtés de ces compatriotes de la force expéditionnaire canadienne, une force qu’avait grandi pour inclure 4 divisions et jouissait de la réputation de la formation élite des forces britanniques. 

George lui-même avait reçu une réputation de «cracheur-de-feu» et avait reçu à deux reprises la croix militaire pour sa bravoure. La citation de sa seconde croix pouvait lire : « for conspicuous gallantry and devotion to duty when in command of a raiding party. He led his men in the most gallant manner, and carried out his task with conspicuous success. » Ce qui se traduit librement: « pour sa galanterie évidente et sa devotion au service durant sa commande du raid. Il guida ses hommes courageusement et réalisa sa tâche avec grand succès. » Vers la fin de l’année 1917, George s’était élevé dans les échelons de l’armée de capitaine actif et dirigeait une des compagnies de son bataillon. 

À cause des conséquences du combat à Passchendaele, George fut assigné à la défense d’une étendue au bord avant de la position du bataillon. Ce fut relativement calme dans les semaines qui suivirent, mais le 30 novembre, les Allemands lancèrent une attaque contre la position britannique. L’attaque commença tôt le matin avec un terrible bombardement, suivi par une attaque de l’infanterie allemande. La ligne tenue au début, mais rapidement George remarqua que l’ennemi travaillait à infiltrer le flanc gauche. Afin de contrer cette attaque, George mena une équipe de bombardement pour reprendre ce flanc. C’est à ce moment que George fut atteint par une mitrailleuse. La balle rentra par le côté gauche de son cou, effleura sa colonne vertébrale avant de sortir entre ses omoplates. George tomba instantanément inconscient et les Allemands purent saisir sa position. La plupart de la compagnie furent tués, blessés ou capturés. Pour les mois qui suivirent, George fut répertorié comme «porté disparu». 

George Dawson Tyson (Photo: Tyson’s Family Collection)

Bien que gravement blessé, George fut ramassé par les Allemands et fut évacué à une série d’hôpitaux en Allemagne où il fut traité durant les deux prochains mois. Éventuellement, il fut relâché des soins médicaux et transféré à un camp de prisonniers de guerre où il passa le reste de la guerre. Lorsqu’il avait initialement regain sa conscience, George s’était retrouvé paralysé des bras et des jambes, mais sa condition s’améliora jusqu’à ce que, par l’Armistice en 1918, il était capable de marcher et d’utiliser ses deux bras, bien qu’une de ses mains continuerait à lui causer des troubles. Grâce à l’Armistice, George put être rapatrié avec les autres prisonniers de guerre, et c’est ainsi qu’il retourna en Angleterre. 

Presqu’immédiatement, George fut confronté à un assaut de la bureaucratie de l’armée britannique. Il y avait d’abord la commission d’enquête qui voulait savoir comment que George – un officier – s’était laissé emporter par les Allemands comme prisonnier. Il est clair qu’il avait une excellente excuse, puisque, rappelons-nous, il était inconscient lorsqu’il se fit capturé, la plaie d’entrée et de sorti de la balle de mitrailleuse saignant abondement. La commission conclut qu’il n’y avait aucun blâme à rattacher à George et la poursuite fut donc conclue. Plus tard, George reçu une copie d’une lettre de l’armée britannique adressée à la firme légale qui avait été en charge d’investiguer l’absence sans permission de George, lui indiquant qu’elle pouvait cesser toute action contre Tyson. Finalement, il fut avisé qu’il recevrait enfin sa paie qui avait été suspendu lors de sa capture. 

George retourna au Canada où il s’est bâti une vie et une famille. Il savoura encore une fois sa passion pour la nature canadienne, et, comme tant d’autres de sa génération, ne parla pas de son expérience de la guerre. 

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